Le fil de la certitude

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La libération naturelle

La tradition dzogchen affirme que les émotions réactives et les pensées perturbantes se libèrent, ou disparais- sent, d’elles-mêmes. Contrairement aux voies orthodoxes, « on ne façonne ou ne conditionne pas son esprit en supprimant ses expériences ou en appliquant des remèdes, mais en laissant l’esprit demeurer naturellement dans la condition où on le trouve. Le maître contemporain Namkhaï Norbu Rimpoché nous en dit un peu
plus :

« Dans la voie de la libération spontanée, il n’existe ni concept de renonciation -car si c’est toujours mon énergie qui se manifeste, elle peut le faire de nombreuses manières-, ni concept de transformation -car nous partons du principe que je me trouve déjà dans un état de pure présence,
de contemplation. Si je me trouve un instant dans un état de contemplation, je vois que la colère et la compassion ne sont qu’une seule et même chose. Le bien et le mal ne font qu’un. Dans cet état, il n’y a rien à faire, nous nous libérons parce que nous nous trouvons dans notre propre dimension énergétique, sans rien fuir et sans renoncer à quoi que ce soit.
Tel est le principe de la libération spontanée. »

La libération spontanée, ou disparition naturelle des émotions réactives, survient comme une conséquence naturelle de notre identification à la présence-telle-qu’elle-est.

Quand notre intelligence cesse d’être conditionnée par notre propension compulsive ou délibérée à connaître et fuir différentes sensations, les pensées et les sentiments flottent dans notre présence comme les nuages dans le ciel. Les émotions fondent comme neige au soleil, au contact de notre conscience panoramique.
Ne saisir ni réprimer aucune des pensées, émotions ou perceptions qui se présentent – telle est la clé pour libérer spontanément les émotions entravantes et les pensées compulsives. Comme l’écrit Longchenpa : on ne rejette pas certaines expériences, ni n’en cultivons d’autres. Que nos expériences soient dynamiques ou stables, laissons-les aller là où elles ont envie d’aller (…) Quand l’esprit se trouve dans un état dynamique ou d’expansion, ne nous décourageons pas et quand il est calme et stable, renonçons à désirer qu’il le reste. »
Par conséquent, l’on ne juge pas certaines expériences sublimes et d’autres bassement matérielles. On ne tire pas de ce qui est vécu davantage que ce qui est donné dans l’instant sprésent. On n’amplifie ou n’accentue pas ce que l’on vit, comme dans le Tantrisme, mais on ne le banalise ou ne le dévalorise pas non plus. Fondamentalement, on n’intervient pas, on n’interfère en aucune façon. L’expérience est naturelle, non affectée, non manipulée. Cette pratique s’intitule : « Laisser les choses être ce qu’elles sont ».
Dans les traditions hétérodoxes, la seule pratique -mais qui ne peut pas être « pratiquée »- consiste à simplement être présent et lucide dans l’instant présent. Ce strict vécu de l’instant présent est souvent dénommé « non-méditation », car il est naturel et non fabriqué.

Peter Fenner – in « Le fil de la certitude, dilemmes de la voie bouddhiste »

http://www.espritlumineux.net/ressources_extrait_livres_non_dualite.htm

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