Comprendre qu’il n’y a rien à comprendre, rien à acquérir.

intel_inside_idiot_outside_by_braiNiraj

« La spiritualité est un concept. Ce que les gens projettent dans la prétendue spiritualité, à six ans ils le projetaient dans leur équipe de scouts, à dix dans leur équipe de foot, à vingt dans la politique et à trente dans le mariage …
Ce manque que l’on a essayé de combler par une poupée, un train électrique, une bonne note à l’école, une carrière, un enfant, on le projette ensuite dans la spiritualité. C’est le pot-pourri de toutes nos peurs. Chacun, selon la forme de ses anxiétés, se trouve attiré par un certain type de spiritualité. Quand c’est présent, il faut le respecter ; mais ce n’est rien d’autre que la peur.
Les scouts, la politique, la spiritualité, l’enfant, l’équipe de rugby ont leur place, sinon cela n’existerait pas. Vouloir se libérer de tous ses problèmes pour devenir spirituel, pour devenir «éveillé», aussi. Ces règles, ces références, ces savoirs sont issus de la peur.
Vient un moment où vous n’avez plus besoin de vous chercher dans les différents courants de la vie. C’est vous qui éclairez la spiritualité, non l’inverse. C’est votre clarté qui vous fait comprendre profondément ce qu’est la politique, la paternité, la violence, la maladie, le bouddhisme, l’islam. Votre clarté éclaire tout cela.
La vraie spiritualité est un remerciement. Maître Eckhart fait une différence entre la vraie prière, prière du cœur, célébration de l’accomplissement divin, et la prière qui vient du manque, qui essaie de demander une rectification. Cette dernière n’est pas une prière, mais une forme d’abcès.
La vraie prière est remerciement. La vraie spiritualité est un non-dynamisme qui s’incarne dans une disponibilité de chaque instant. Quand le cancer, la maladie, la naissance, la violence, l’émotion vient, être disponible : là se trouve la profondeur.
Comprendre qu’il n’y a rien à comprendre, rien à acquérir. Je n’ai pas besoin d’inventer des outils pour faire face à la vie, de créer des moyens de défense ou d’appropriation pour faire face aux situations.
Regarder honnêtement ce qui est là, ce qui éveille en moi la peur, l’anxiété, la prétention, la défense. Clairement, accepter mes prétentions, mes limites. Ces limites vont refléter la non-limite.
Il faut vivre la médiocrité : elle révèle l’ultime en nous. Quand je refuse la médiocrité, quand j’imagine, que je projette un supérieur ou un inférieur, des choses spirituelles qui devraient me libérer de la vie quotidienne, là, je suis dans un imaginaire. C’est une forme de psychose. La médiocrité est l’essentiel-la médiocrité selon mes concepts.
Fonctionner journellement : manger, dormir, aimer, voir, sentir, regarder. Laisser toutes les émotions vivre en nous. Rien à défendre, à affirmer, à savoir. Je n’ai besoin de rien pour pressentir ce qui est primordial. Inutile de changer quoi que ce soit en moi.
Je n’ai pas besoin de changer quoi que ce soit en moi : mes peurs, mon arrogance, mes prétentions, mes limites, tout cela m’est nécessaire pour pressentir le sans-limite.
Tout change, mais aucun changement autre que celui qui apparaît dans l’instant n’est nécessaire. Toutes les énergies qui étaient utilisées pour créer, pour s’approprier, vont aller s’asseoir dans cette disponibilité. Là, il y aura création véritable. Cette création est célébration : une création qui rend grâce, pas une création qui affirme.
Certaines découvertes sont à faire et à oublier dans l’instant. Et pour la personne, c’est la terreur, car l’ego a besoin de s’approprier des qualifications : être spirituel, méditer, se libérer.
La vie ne consiste pas à faire, à acquérir ni à obtenir quoi que ce soit.
La grâce ne frappe que dans les moments de non-savoir, de non-prétention.
Nous n’avons pas à changer notre vie.
La grâce n’est rien d’autre que cette évidence.
Le bonheur est ici lorsque je ne prétends plus qu’il est ailleurs.
Ce que je veux, c’est ce que j’ai.
Dans la tranquillité, il n’y a nulle part où aller.
Ce que je peux trouver à l’extérieur, je peux le perdre.
Alors je ne vais nulle part, je reste ici, présent . »

Eric Baret.

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Un commentaire sur “Comprendre qu’il n’y a rien à comprendre, rien à acquérir.

  1. Eric Baret quelques mots de « Le sacre du dragon vert »

    p17 Quand vous vous libérez de tout système de vouloir arriver à quelque chose, à ce moment-là vous vous trouvez libre de toute activité mentale.

    19 Vous n’êtes pas dans l’expérience, c’est l’expérience qui est en vous. Vous êtes dans cette ouverture. L’expérience pointe vers cette ouverture.

    20 Donnez-vous à l’évidence de l’instant, c’est dans ce moment seul que toute résolution trouve sa possibilité.

    21 Dans la non-référence, quelque chose peut s’exprimer.

    24 C’est dans cette non-attente, cette non-direction qu’un regard spirituel peut opérer, dans la simplicité d’évoquer ce qui est là.

    25 Quand vous abdiquez le questionnement, c’est la vie qui vous questionne.

    26 Dans notre attitude de constatation, où ce que l’on cherche ne se trouve pas, l’énergie qui est constamment à l’état de veille, utilisée pour attirer, empêcher, attraper, s’apaise. L’orientation est une conviction profonde que ce que l’on cherche ne se trouve pas sur un plan objectif.

    27 L’origine de la vie spirituelle est cette ouverture qui permet à la beauté de s’exprimer, de se développer. C’est un non-savoir qui permet au savoir de s’épanouir dans l’espace/temps. La recherche spirituelle, c’est l’expression de l’humilité.

    La seule possibilité de se libérer d’une perturbation émotive est de la ressentir.

    28 Une pensée qui vient du cœur exprime la beauté des choses. La pensée émanant du cœur n’est accessible que dans la liberté vis-àvis de sa propre émotivité.

    29 C’est uniquement quand on est ouvert aux émotions fondamentales que la pensée peut être porteuse d’émotion, de Lumière et de Beauté.

    Un homme sensé, c’est quelqu’un qui vit en harmonie avec ses émotions: il connaît ses peurs, ses anxiétés, ses jalousies, ses culpabilités, et il est complètement en accord avec elles. Quand quelqu’un s’ouvre à ses émotions,celles-ci quittent leurs prolongations pathologiques, elles deviennent poétiques. Au lieu d’avoir peur de sa peur, on écrira sur la peur, on peindra sur la peur, on fera de la musique sur la peur. Comme on le dit en Orient, la compréhension c’est d’être compréhension; rien n’est compris, personne ne comprend. Etre compréhension n’est pas lié à la pensée, c’est une émotion fondamentale.

    Tout ce qu’il y a de très profond dans la vie naît d’une émotion.

    31 En Orient on appelle maître quelqu’un qui n’a pas la moindre référence à lui-même.

    Le maître est celui qui a cette conviction profonde qu’il n’est rien, qu’il ne sait rien et ne veut rien.

    32 Ce que le disciple attend du maître c’est lui-même.

    On ne peut jamais expérimenter le sacré, parce qu’il est l’essence profonde des choses.

    Quand vous respectez une forme, ce n’est pas la forme elle-même que vous respectez mais ce qui est derrière, ce qui est éternel.

    Vous ne pouvez pas expliquer ce qu’est l’Amour, c’est un sentiment d’Unité qui ne se réfère pas à une chose, à un contexte, ou à une situation.

    Le maître c’est celui qui fait pressentir cette non-différence, qui vous libère de l’idée d’être quelque chose.

    35 Le maître ne vous amène pas par des paroles ou des explications mais par son silence. C’est son silence qui est le plus saisissant au début, et son silence devient votre silence. C’est donc dans ce silence qu’il y a transmission: personne ne transmet, rien n’est transmis mais il y a transmission.

    36 37 Quand vous vous libérez de l’idée d’être quoi que ce soit, quand vous vous donnez dans la journée à des moments où vous n’êtes absolument rien, sans futur, sans devenir vous voyez la nature profonde de la dévotion, de l’adoration, qui est l’essence du corps et du psychisme, devenir vivante. Vous exprimez constamment l’étonnement, vous exprimez l’amour sous toutes ses formes, parce que toutes les formes célèbrent le sans forme. L’amour de tous les sons, de toutes les musiques célèbre le silence. C’est uniquement dans cette profonde compréhension, quand vous n’avez aucun devenir, que cette expression devient possible. La nature profonde du corps et du psychisme c’est la célébration. Vous offrez ce que vous n’êtes pas au silence. Ce silence rejaillit sous forme de grâce dans toute votre structure.

    Quand on est profondément rien, on peut exprimer ce que l’on est profondément.

    38 C’est en vivant en accord avec votre sensorialité que vous pouvez vraiment retrouver vos véritables qualifications. Quand vous vous mettez à l’écoute de vous-même, de votre machine, que vous voyez la manière dont elle fonctionne, vous pouvez découvrir vos compétences.

    C’est uniquement dans votre écoute sans référence que votre potentiel peut s’actualiser.

    69 Si vous acceptez totalement votre capital, si vous le découvrez, entrez en intelligence avec, si vous ne voulez pas être autrement ou plus que votre capital, que vraiment vous l’écoutez, alors vous allez découvrir une telle finesse que vous allez exploiter votre capital à cent pour cent.

    Le déploiement de votre capital est fonction de votre ouverture. Chaque capital, chaque potentiel humain regorge de lumière, chaque capital correspond exactement à ce qu’il faut pour pressentir cette autonomie.

    70 On accueille le corps, puis à un moment donné on accueille l’accueil.

    73 Voici la seule manière d’aborder la situation avec humilité. Vous vous mettez totalement à la disposition de la situation sans rien vouloir sans rien demander. Quand vous ne demandez pas, ne voulez pas, une sorte de révélation se fait.

    74 Etre libre ne dépend pas de la lignée. C’est la seule chose indépendante de toute cause, de tout effort, de toute direction, parce qu’on ne peut l’acquérir.

    77 On ne peut pas imposer la liberté, ni la sécurité, on ne peut rien imposer. Votre attitude seulement va permettre à votre environnement de se questionner profondément. Dès lors commence une profonde transformation. Faire face aux faits, à ce qui est fonctionnel, cela s’apparente davantage à une attitude spirituelle; laisser la vie se révéler, non pas en sélectionnant selon sa préférence, son vouloir, ou son attente, mais en restant totalement disponible à chaque instant.

    Le spirituel s’est s’immerger dans l’évidence de l’instant sans vouloir le manipuler ou l’utiliser. Etre disponible. A ce moment-là cette attitude de disponibilité va libérer la situation. Vous allez vous rendre compte que la situation se réfère toujours à votre écoute, à votre silence. D’un point de vue spirituel, il n’y a pas de conflit possible et rien à résoudre. Il y a uniquement acceptation, célébration de l’évidence.

    78 Il n’y a rien à refuser. Si des situations se présentent à vous, cette joie vous habite indépendamment de situations favorables. Quand vous êtes heureux pour telle raison, mettez de côté la cause, et donnez-vous au bonheur.

    85 Un maître authentique est reconnu par son absence non par sa présence.

    Un guru n’a pas véritablement d’enseignement car, même s’il enseigne, son rôle est de préparer l’élève à une véritable disponibilité, puis de soutenir l’élève dans le vécu non-duel, dans l’absence d’un personnage. C’est par là qu’opère sa Présence en tant que rayonnement, et non pas comme présence physique.

    86 On a qu’un seul guru. D’ailleurs l’expression « un seul » n’est pas juste, parce que ce n’est pas une personne qui est le guru, c’est profondément la Présence.

    Pressentir sa liberté, c’est une chose; l’occuper momentanément une autre chose; quant à être constamment assis dans son absence, c’est exceptionnel et se remarque par la simplicité.

    87 C’est un lien d’amitié, d’amour, d’écoute et, par la nature des choses, ce lien est exclusif, sans constituer un empêchement de quoi que ce soit.

    Tout est dans mon cœur et cette reconnaissance n’est que joie.

    88 Ce n’est pas quelqu’un que l’on rencontre, mais on rencontre sa propre absence.

    Quand nous ne trouvons plus en nous de référence au maître, voilà l’élève célébrant la tradition de son maître.

    89 Le fait même de se trouver devant quelqu’un de libre nous place ostensiblement devant notre non-liberté.

    91 Le fait d’être libre ou d’être ouvert ne s’enseigne pas. Chaque événement de la vie devient notre

    maître. L’ouverture à soi-même. A soi-même. Rien d’autre.

    92 Quittez toute voie spirituelle. Restez chez vous. Jetez vos tofus et votre prétention à la paix par l’alimentation, le yoga ou le taî-chi-chuan. Regardez. Ressentez. Regardez combien vous vous enfuyez de la réalité quotidienne. Pas de recette, d’exercice, d’attitude à observer. Etre lucide. Sentez la peine, la tristesse, la peur. C’est Dieu en activité. C’est votre chance.

    Quand vous ne prétendez plus que les choses devraient être autrement, mais que vous vous donnez à ce qui est dans l’instant, tout est possible.

    93 Un disciple est quelqu’un qui ne se prend pas pour un disciple, qui ne se construit pas d’image de lui-même, qui ne suit pas de démarche spirituelle pour arriver à quoi que ce soit, parce qu’il lui manque quelque chose ou parce qu’il se sent mal dans la vie.

    96 La nature du corps, c’est le silence. Quand vous laissez tous les rythmes corporels s’exprimer; vous êtes ramenés à l’origine. Tout ce qui est, pointe vers nous-même. Tous les évènements de la vie ne sont que ce qui est nécessaire pour être. Jusqu’où et jusqu’à quand allons-nous fuir ?

    Et à quoi pouvons-nous réellement échapper ?

    98 Qu’entendez-vous par liberté ?

    Ne pas se référer à une fraction de soi-même, à une image émotionnelle, corporelle ou mentale de soi-même. Ne pas se prendre pour ceci ou pour cela, ne pas se prendre pour son histoire.

    Qui êtes-vous quand vous ne fabriquez pas de référence, d’histoire, de justifications, d’explications ?

    99 Si vous rencontrez un homme libre, il s’établit automatiquement un lien très profond. Parce que la liberté ressentie avec cette personne, c’est votre propre liberté.

    Quand vous êtes auprès de lui, sa transparence vous permet de ressentir votre propre absence.

    100 Le maître est ce qui vous renvoie vers le cœur, le silence. Toute perception, toute pensée ne sont que cela.

    101 La tradition c’est un mouvement de soi-même vers soi-même. Ce que l’on appelle enseignement spirituel condense les différents regards du chercheur pour l’amener à ce constat profond: il est ce qu’il recherche. La codification d’une tradition ne parle jamais de l’essentiel, mais de comment se rendre disponible à l’essentiel.

    105 Ce qui est essentiel ne peut pas être interdit. Le fait d’être ouvert de regarder la vie sans préjugé, ne peut pas être mis en prison.

    Ce qui est essentiel sera toujours disponible.

    108 Quand on souffre, on se sent quelqu’un, on sent quelque chose. On est quelqu’un d’honorable de moral.

    Que se passe-t-il lorsqu’on renonce à l’idée de souffrir?

    Qu’est-ce qui reste en soi?

    Il ne reste rien. Il n’y a plus d’image; uniquement une disponibilité.

    109 Quand on laisse un manque total vivre en soi, sans le compenser, sans l’habiter, il nous ramène toujours vers la plénitude. Quand on ne cherche plus à éviter la souffrance, la violence, l’injustice, il y a autre chose qui se passe: quelque chose s’ouvre. Il y a la beauté qui apparaît, la tranquillité. Mais il faut d’abord quitter l’image que les choses devraient être autrement, qu’il y a quoi que ce soit à changer- c’est cela la violence- quoi que ce soit dont il faille se libérer, même se libérer de l’image.

    110 Il n’y a rien à changer dans la société, dans le monde, dans la souffrance, dans la violence. Il suffit de profondément regarder, comprendre.

    La souffrance c’est le plus grand révélateur. C’est ce qui amène à l’ouverture.

    Une démarche spirituelle, c’est vivre avec ce qui est là; ce n’est pas chercher à transformer, à changer, à se libérer.

    111 Ce qui empêche de vivre, ce n’est pas l’événement qui s’est passé quand on avait huit ans, c’est les cinquante ans d’imaginaire, de critique, de refus, de jugement, de culpabilité.

    112 L’événement ne compte pas, c’est la façon dont on y fait face. Le traumatisme est dans l’image, c’est ce que l’on crée à chaque instant.

    115 Quand on ne prétend plus être quoi que ce soit en relation, on est en paix.

    117 Mais si on parle d’être profondément ce que l’on est, ce n’est pas lié aux différentes vibrations du cerveau, à la méditation, au corps, à la pensée, à ce que vous faites ou ne faites pas; là il n’y a pas de maître. Il y a des maîtres de technique, mais il n’y a pas de maîtres d’être.

    118 Tout est un maître. Toute la perception, la souffrance, la tristesse, la violence: c’est le maître. Tout ce que vous pouvez accepter sans restriction. C’est un maître, parce que cela pointe profondément vers votre liberté.

    120 Quand on pense quoi que ce soit, c’est une souffrance, c’est un renoncement à son propre centre, à sa propre honnêteté.

    121 Il n’y a pas d’ego. C’est une image comme une autre. La souffrance, le cataclysme, c’est la beauté qui se cherche, c’est la joie qui se cherche. C’est ce qui peut arriver de plus profond et c’est ce que l’on refuse constamment, parce que cela gêne l’image que l’on a de soi-même, que l’on devrait être libre de cela, que l’on ne devrait plus être comme cela. Alors on refuse toutes ces aides constantes, qui sont le seul moyen de profondément se libérer.

    C’est un peu comme une farce tragique: on est constamment entrain de dire non à ce qui peut nous montrer nos limitations, pour vivre dans une hypothétique de sagesse, de liberté. Alors on ne veut surtout pas se voir dans la peur, dans l’incertitude, surtout pas se rendre compte que l’on ne sait rien, que l’on ne peut rien. Donc on ajourne constamment ces opportunités pour vivre dans une image spirituelle, de méditer, de devenir comme ceci et comme cela, d’être libre de ceci et de cela. Mais un jour on se rend compte du mécanisme; alors il y a changement. On ne cherche plus à devenir quoi que ce soit, à éviter quoi que ce soit.

    C’est la fin de tout enseignement spirituel, c’est le début de la vie spirituelle. Il ne peut pas y avoir les deux à la fois.

    122 Dans une absence d’intention, vous n’êtes plus entrain d’utiliser vos capacités: d’autres compétences vous viennent. Ce sont des capacités cosmiques.

    Quand vous êtes libre de votre prétention à souffrir, là vous êtes un pôle positif pour l’environnement.

    127 Etre présent, faire face aux faits, sans créer d’imaginaire, cela suffit. La vie est ouverte à tous, sans restriction, aucun savoir n’est demandé. La pureté du cœur est l’unique qualification.

    129 Vous pouvez être appelé de temps en temps à explorer votre structure physiologique, à devenir intime avec ces réactions que vous ne cherchez pas à lever. Vous devenez de plus en plus intime. Vous les caresser dans tous les sens, par différents mouvements, par différents rythmes respiratoires, et éventuellement ces contractions deviennent inutiles et elles s’éliminent. C’est l’actualisation sensorielle d’une compréhension. C’est mettre la sensorialité en harmonie avec sa conviction.

    130 Tout ce qui nous vient de difficile c’est quelque chose qui nous vient pour s’éliminer.

    136 Il faut se donner souvent dans la journée à ces moments où on arrête de prétendre avoir un devenir, avoir un passé, avoir un futur. Ne rien être.

    C’est cela qui germe ensuite en nous. Là il n’y a rien à savoir, rien à apprendre, rien à accomplir; il n’y a rien de spirituel. C’est cela qui est essentiel; et profondément ce n’est pas essentiel du tout. Il n’y a rien qui soit essentiel. Ce qui apparaît ne peut pas être autre chose que ce qui est.

    141 Tout ce qui est fait dans la vie est fait pour trouver ce moment de non-désir, cette insatisfaction, cette tranquillité. Il faut trouver cette orientation dans la tactilité. C’est uniquement dans le non-jugement de la situation qu’elle peut se libérer. Mais cette ouverture est ce que l’on a de plus intime. Chacun de nous l’a en lui.

    142 Tout ce qui a été crée dans le monde vient de ce moment où l’artiste ne s’est pas pris pour lui- même, où il a pû écouter. C’est de la supra-activité d’être à même de recevoir les grâces de l’univers, de traduire tout ce qu’il y a au-delà de l’humain. C’est la véritable activité. L’activité profonde vient de l’évidence de l’unité de l’être humain. L’action vient uniquement d’un sentiment de plénitude.

    143 La société équilibrée devrait commencer à partir de rien, sans références, et trouver un fonctionnement humain qui ne soit pas lié à la personne, qui ne soit pas une célébration de la personne. Faire une célébration de l’unité de l’être humain, cela, ce serait une véritable action.

    Tout ce que vous pouvez faire de créatif, c’est de ne plus participer à cette structure, de ne plus alimenter par la peur, par l’anxieté, toute cette violence.. Si vous vivez en paix, vous participez le mieux possible au niveau humain

    Dans la société c’est parce que vous ne participez plus au système de fragmentation, d’exploitation, que la société a une chance de se rééquilibrer.

    148 Quand vous abdiquez cette image d’être une entité séparée, vous sentez un courant. Toutes vos actions, toutes vos pensées sont portées par ce courant. La direction apparaît à chaque instant, vous y répondez selon vos caractéristiques, mentales, spirituelles; des caractéristiques qui s’expriment naturellement, qui n’ont pas besoin de choisir ou d’être choisies. Si vous vivez en fonction de ce courant, vous constaterez que vos capacités physiques, psychologiques et affectives vont complètement s’exprimer. Justement, vous n’allez plus exploiter ce capital; ce capital va servir l’environnement.

    149 Le souffle est une expression directe du silence, il a la capacité à la réintégration dans cette tranquillité.

    151 Ce qui éveille l’énergie c’est la compréhension. Dans une corporalité qui retrouve vraiment son fonctionnement organique, ce fonctionnement devient vertical. Ces énergies se réintègrent.

    L’énergie est naturellement ascendante dans le corps quand celui-ci n’est plus exploité à des fins personnelles.

    152 Quelles que soient les situations de la vie, s’abandonner à ce courant vous permet de faire face à la situation, de devenir créatif.

    155 Tous les évènements de la vie ramène à la tranquillité.

    159 Un corps non exploité a besoin de très peu de sommeil.

    160 Un rêve en noir et blanc signifie qu’un élément spirituel a vraiment pris corps chez quelqu’un. Quand la vie devient noir et blanc, vous riez moins vous souriez plus.

    161 Quand une question surgit organiquement, sans réflexion, c’est un dynamisme intérieur qui l’a fait poser. La question n’a pas grand sens, la réponse a encore moins de sens. Mais il y a quelque chose qui décide de la question et de la réponse, qui est vraiment l’élément essentiel. C’est une énergie une expression de la tranquillité.

    162 L’affectivité se soigne par l’amour.

    163 Quand vous devenez attentif à votre structure corporelle, naturellement le souffle se libère. Il n’y a pas de difficulté. Vous donnez l’occasion au souffle de se libérer, en laissant la structure corporelle être ce qu’elle est dans le ressenti. A ce moment-là la structure corporelle se réfère à votre écoute, à votre silence. Dans ce silence, le souffle est totalement étalé, parce qu’il est lui-même silence

    164 Du fait que vous ne jugez pas, la personne que vous rencontrez va se sentir libre, pour quitter momentanément sa référence. C’est la seule chose que vous pouvez faire pour être humain: lui donner la chance de quitter sa référence.

    167 La sensorialité, à un moment donné, devient un élément essentiel de la vie.

    172 Plus vous allez être intime avec votre fonctionnement organique, plus vous allez devenir réceptifs aux cycles de la nature. Vous sentez les saisons de votre corporalité, vous découvrez leur ramification subtile dont les organes du corps sont un écho.

    178 Mais lorsqu’on parle d’un déséquilibre vraiment profond, en fait, c’est toujours un équilibre qui est entrain de se créer, donc il faut assister au déséquilibre, le laisser complètement s’exprimer et, tôt ou tard, il réintègre l’équilibre.

    179 Finalement, ce qu’on appelle yoga en Inde, c’est uniquement cela! Apprendre à sentir, à écouter, à goûter, sans toucher à ce que l’on touche, à ce que l’on goûte. A ce moment la sensation a un pouvoir immense, elle peut complètement se libérer.

    L’expression lâcher-prise prête à confusion. Personne ne peut lâcher-prise, l’expression « accueillir, ressentir » est plus claire.

    La perception est une richesse infinie, elle est plus proche de la vérité que la pensée. Elle est toujours vécue de manière non-duelle.

    180 Dans le silence, la joie, la paix, se trouve l’approfondissement de la perception. La perception c’est un pôle direct sur le silence. C’est un art.

    Apprendre à ressentir sans conceptualiser, sans préférer, sans juger; uniquement ouverture sensorielle.

    Quand vous écoutez la vie, il n’y a que la paix, mais quand vous pensez, vous jugez, vous refusez, il n’y a que violence. La paix profonde vient de cette totale ouverture à la sensorialité.

    183 Rendez-vous compte que l’on accepte jamais la sensation car immédiatement on cherche un truc pour s’en libérer. Alors quand une certaine maturité vient à vous, vous réalisez que ce qui vous arrive n’est pas un accident, que ce n’est personne qui vous punit, mais que toutes les circonstances de la vie ont un sens profond, pas conceptuellement: cela ne veut rien dire ce qui nous arrive, mais ce « rien dire » a un sens profond qui est un courant de la vie.

    Vous devez écouter votre problème comme vous écoutez une langue étrangère, sans aucune volonté de comprendre, il y a à découvrir.

    Petit à petit la région sensorielle va se mettre à vivre en vous, uniquement en étant à l’écoute. La sensorialité va se révéler et, à ce moment-là, cela va devenir très intéressant.

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