…et personne ne semble avoir les réponses, pas même les gurus qui avaient autrefois tant promis.

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Vous êtes perdu et sans espoir, mon ami. Votre cœur s’est aujourd’hui brisé en un million de morceaux minuscules et vous n’arrivez pas à rassembler les pièces du puzzle, aussi intenses que soient vos tentatives ; vous n’avez plus l’image de référence. Les doutes et les questions font rage comme l’incendie dans le vaste champ de votre être. Vous ne pouvez trouver de lieu de relation nulle part. Même le chant des oiseaux au lever du jour semble se produire sur une lointaine planète. Tout ce qui semblait permanent a été écrasé, toutes vos certitudes sont brusquement parties en fumée, et personne ne semble avoir les réponses, pas même les gurus qui avaient autrefois tant promis.

Cette fois, je n’offre pas de mots pour vous guider. Pas d’espoir, pas de promesses, pas de rêve de cette dévastation cessant jamais. Vous êtes perdu et sans espoir, mon ami, et seul reste un engagement radical dans le sol sur lequel vous vous tenez, un mariage d’humilité à l’Origine, votre lieu de naissance et votre dernier lieu de repos.

Parfois, nous tombons en morceaux, et, parfois, en train de tomber en morceaux, nous nous rappelons plus clairement où nous nous tenons. Parfois, nous sommes mis à genoux, et nous nous rappelons nos genoux ; et il ne s’est rien passé du point de vue du sol, hormis le chant des oiseaux et les premières lueurs de l’aube.

Jeff Foster.

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Un commentaire sur “…et personne ne semble avoir les réponses, pas même les gurus qui avaient autrefois tant promis.

  1. On peut dire sans crainte de se tromper que l’espoir, ou le sentiment de promesse, est un obstacle au cheminement spirituel.

    Créer ce genre d’espoir constitue l’une des caractéristiques marquantes du matérialisme spirituel. On trouve toutes sortes de promesses, toutes sortes de preuves. On adopte la même approche qu’un vendeur de voitures. Ca ressemble à quelqu’un qui vante les mérites d’un aspirateur et nous apprend à quel point nous pourrions bien nettoyer la maison si nous l’achetions. Si seulement nous achetions cet appareil, notre chambre serait tellement magnifique, totalement exempte de poussière, jusqu’au plus petit brin! Qu’on ait affaire à un vendeur d’aspirateur ou à un guru, on se retrouve avec le même art de la vente. C’est pourquoi l’un et l’autre entrent dans le même sac de matérialistes. Ils nous promettent tant de choses. Ils mettent tant d’espoir dans notre coeur. C’est ainsi qu’ils jouent sur nos points faibles. Ca rend la douleur encore plus compliquée. Nous oublions la douleur complètement et nous nous activons à chercher quelque chose d’autre. Et cela comme tel est douleur. Essayer de supprimer l’incrédulité, nous darder sur la croyance, essayer de nous convaincre que cette approche va marcher (croire que nous persuader nous-même fera que tout fonctionnera): tout ça c’est de la douleur.

    C’est ce que nous vivrons si nous n’arrivons pas à comprendre que l’exigence de base pour marcher sur la voie spirituelle, c’est l’inespoir. L’inespoir n’a rien à voir avec le désespoir. Il y a une différence. Le désespoir, c’est de la paresse, un intellect insuffisant. On n’est même pas disposé à chercher la raison du désespoir. C’est un bide total. L’inespoir, en revanche, est très intelligent. On n’arrête pas de chercher. On tourne une page après l’autre en disant: « C’est sans espoir, c’est sans espoir ». On reste extrêmement vigoureux, inespérément vigoureux. On cherche encore des lueurs d’espoir, mais chaque fois on finit par se dire: « Ah non ! Beurk ! » L’inespoir n’arrête pas; il est très vigoureux, c’est une grande source d’inspiration. Il chatouille l’esprit comme si nous étions sur le point de découvrir quelque chose. Au moment de la découverte, nous disons: « Ah, enfin, j’ai trouvé !… Ah, non. C’est la même rengaine qui rapplique. »

    L’inespoir renferme un pari et une excitation démesurés. Quand nous cédons, quand nous entrons dans un désespoir profond, d’inespoir en inespoir, juste avant que le désespoir et la paresse nous dominent, c’est alors que nous commençons à acquérir le sens de l’humour, ce qui nous empêche de devenir roi des paresseux et des imbéciles.

    Chogyam Trungpa. Jeu d’illusion.

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