L’ego n’est rien de plus qu’une pensée

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Ce que nous nommons « ego » n’est rien de plus qu’une pensée. A l’instant même de l’action, il y a seulement action, il n’y a pas d’acteur. L’acteur apparaît en même temps que la pensée « j’agis ». Avant la naissance de cette pensée, il n’y a pas d’acteur. Cette personne nommée moi-même n’a donc pas d’existence en dehors de mon propre esprit.

Du fait de l’identification avec le corps-mental, je me prends pour ce que je vois. Lorsque la conscience émerge que je ne suis pas ce que je vois, mais la vision elle-même, l’illusion de la personne disparaît. Ce que nous nommons « la personne » a un intérêt fonctionnel, mais vous n’avez pas besoin de vous prendre pour elle. Vous n’êtes pas le corps-mental. Vous en êtes le connaisseur. Le connaisseur n’est pas une pensée. Il est la conscience elle-même. La conscience n’a pas de caractéristiques personnelles : pas de forme, pas de goût, pas de couleur, pas d’odeur. La conscience se sait, mais « vous » ne pouvez pas la connaître en tant qu’objet.

Quelle est la signification d’une structure égotique saine, du point de vue de la psychiatrie conventionnelle ?

La psychologie et la psychiatrie considèrent qu’une solide structure égotique est nécessaire pour un fonctionnement correct dans la vie quotidienne. Que cela signifie-t-il ? Je dirais d’apprendre à dire « oui », « non », ou « je ne sais pas ». Nous sommes habituellement enfermés dans nos peurs, telle que la peur d’être rejeté, de ne pas être aimé, d’être seul. Toutes ces peurs sont l’expression d’un ego cherchant une compensation, une sécurité. Il nous faut ainsi clarifier notre écoute intérieure, afin de ressentir à chaque instant et dans chaque situation ce qu’est la réponse, l’acte ou la parole juste. Cette qualité d’écoute est la maturité. Agir en fonction de cette voix intérieure amène l’authenticité.

D’un tel point de vue, construire un ego solide n’a pas de sens, mais savoir écouter le son juste est le signe d’une clarté dans la compréhension.

Quelle est l’utilité, sur le plan mental, du développement d’un ego très solide lors du processus de maturité de l’enfant ?

Le jeune enfant est encore innocent. Mais, ainsi que Ramana Maharshi le disait si bien : « un sage est un enfant sans les racines de l’ego ». L’enfant contient, de manière latente, les images de lui-même et les opinions qui vous constituer le soi-disant « moi-même », une vision conditionnée de ce que nous sommes. Comme les branches de l’arbre qui croissent, les idées sur nous-mêmes se développent et établissent un sens d’être, basé sur l’idée que je suis quelqu’un, et que ce « quelqu’un » est séparé du tout. La rupture de cette construction mentale est généralement douloureuse. Plus forts sont les attachements, plus intenses sont les chocs que la vie devra donner, afin de briser l’identification avec le corps-mental. C’est seulement dans l’absence d’une image de soi que la liberté d’être peut être réellement goûtée.

Nous voyons des gens souffrir d’un ego très faible, et ne pouvant même pas subvenir aux besoins de base de leurs vies, et laissés seuls suivre une voie spirituelle sérieuse. Quelle est la relation entre le développement d’un ego et le dépassement de l’ego sur une base solide ?

Avant d’abandonner l’identification avec le corps-mental, il nous faut le connaître. Le connaître signifie l’observer. Observer signifie voir sans conclure et sans interpréter. Nous avons ainsi besoin tout d’abord d’apprendre à observer et à écouter. En prenant note de notre habitude d’analyser et d’interpréter, tôt ou tard cette habitude apparaîtra comme une défense non fondée, et disparaîtra. Dépasser l’ego est simplement être ce que nous sommes. Cette simplicité d’être émerge à travers l’élimination des idées et des opinions que nous avons sur nous-mêmes. Cela ne signifie pas qu’il ne vous est pas possible d’avoir des idées et des opinions, mais simplement que vous ne vous identifierez pas avec.

D’une certaine manière, la dimension spirituelle peut être une fuite. Le mental crée un nouveau but immatériel à atteindre, nommé Dieu ou la conscience. Mais ce but reste séparé de vous-mêmes. Cela signifie qu’il y a un « vous », et un « Soi supérieur ». Cette division est créée par la pensée. La pensée sépare. L’être unifie. Vous ne pouvez pas penser ce que vous êtes. Vous pouvez seulement l’être. Penser est une fuite de l’expérience de l’instant. L’expérience de l’instant présent ne peut être pensée. Autrement, elle appartient déjà au passé. Le moment présent ne peut ainsi qu’être vécu. Vivre le présent n’est pas le penser.

Quel est le prix mental à payer de se forcer à agir comme si la structure de l’ego était dissoute, ou de croire qu’elle n’a jamais existée, alors qu’en réalité il ne s’agit que d’une illusion mental sans une réelle compréhension organique ?

Agir et vivre comme si vous étiez pure conscience est un moyen de goûter à la liberté d’être. Mais la vie est un grand enseignant, et démasque toutes les illusions résiduelles, en créant des situations imprévues qui vont contrarier vos désirs cachés. La souffrance réapparaît. A cet instant, les attachements latents peuvent être clairement vus. A l’instant même où l’attachement est vu, vous vous expérimentez comme étant libre de lui. Vous n’êtes pas l’attachement, vous en êtes le connaisseur. Et le connaisseur de l’attachement n’est pas attaché, il est en dehors de tout attachement. Il n’est que liberté.
Jean Marc Mantel.
http://sergecar.perso.neuf.fr/

 

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