La soif d’absolu doit brûler et se consumer jusqu’à extinction

image

Il n’y a rien de mystérieux dans la pensée. Elle est un produit de la culture, c’est à dire de la société. Culture, société,il n’y a aucune différence. La société veut sa propre continuité, préserver son identité. Elle veut le statut quo, elle agit toujours pour le préserver. C’est là que la pensée vient en aide à la société. La société dit : Si vous n’agissez pas de telle façon, si vous ne pensez pas de telle façon, vous serez anti-social, parce que toutes vos actions seront impulsives et non réfléchies. Ce que la société veut, c’est canaliser toutes vos pensées dans le sens du maintien du statu quo. C’est pour cette raison qu’il y a conflit entre les deux. Quoi qu’on fasse, on n’y échappe pas. La culture a été adoptée et acceptée parce que ça facilite la survie, pas plus.

La culture a une force, un élan, qui lui sont propres, et qui n’ont rien à voir avec la survie du corps individuel. Tant que vous fonctionnez en fonction d’elle, vous n’êtes en rien un individu. Vous devenez un individu seulement quand vous rompez avec cet ensemble.

« Votre esprit », « mon esprit », ces choses là n’existent pas. ¨Peut-être y a-t-il une « conscience cosmique » ou toute la connaissance et les expériences qui l’accompagnent se sont accumulées et ont été transmises de génération en génération. Nous avons besoin de cet esprit-conscience pour fonctionner en ce monde d’une manière saine et intelligente. Sinon, on finit au cabanon, à chanter de folles chansons, comme je le disais l’autre jour. La société ne s’intéresse qu’à ce que chacun soit bien dans son trou, tel qu’elle lui a assigné, et à maintenir sa continuité.

Je ne sais pas si je me suis bien fait comprendre. Je n’ai aucune arrière pensée, rien à prouver, quand je mets l’accent sur l’aspect physique du phénomène. Je ne veux simplement parler qu’en termes physiques et physiologiques de ce que vous appelez la libération, l’illumination, moksha, la mutation, la transformation. Il n’y a rien de religieux, le fonctionnement du corps n’a rien de mystique. Mais malheureusement, toute cette affaire est présentée depuis des siècles en termes religieux, et ça a créé des complications infinies pour tout le monde. Quand la foi n’est plus là,  on ne peut pas « vendre » la religion, même par des moyens détournés, on ne fait qu’ajouter à la misère générale.

Faire savoir ce qui m’est arrivé importe peu. De votre côté, vous ne pouvez pas provoquer cette chose, et moi de mon côté je ne peux pas causer en vous cette aspiration radicale, sans laquelle on ne peut rien comprendre. Je répète ça comme un perroquet, mais après tout la répétition peut avoir son charme.

Vous démarrez avec l’idée que vous avez des aspirations spirituelles, et vous commencez votre propre quête. Naturellement, il y a déjà du monde au marché, toutes sortes de saints hommes qui vous proposent toutes sortes de marchandises douteuses. Ils ont leurs raisons, bien sûr, toutes sortes de raisons, mais peu importe, ça ne change rien pour vous. Ils disent que c’est pour le bien de l’humanité, que c’est par compassion qu’ils font ça, et bien d’autres sornettes encore. De toute façon, ce sont des conneries. Ce que je veux dire, c’est que vous vous contentez de ces miettes qu’ils vous jettent. Ils sont là à vous  promettre qu’un jour, à coup sûr, vous aurez la miche de pain tout entière. Des promesses, encore des promesses. Il n’ont rien à vous donner. Rien, point final. Tout ce qu’ils peuvent faire, c’est ramasser des bribes de-ci de-là, et les distribuer au peuple. Jésus n’a pas produit ces miches de pain, il a pris le pain qui lui est tombé sous la main et l’a rompu en petit morceau pour distribuer à tout le monde. Naturellement, vous voulez expliquer ça grâce à un miracle.

Ce que je veux dire, c’est que cette soif d’absolu doit brûler et se consumer jusqu’à extinction, elle doit aller jusqu’au bout. Je dis la même chose tous les jours, avec des mots différents. Je change la sauce, mais c’est toujours la même bouffe. Je ne peux rien faire d’autre. J’ai un vocabulaire très, très limité, je ne peux qu’utiliser les mêmes mots sans relâche : cette faim doit se consumer jusqu’à extinction.

Vous pouvez vous gaver de toutes ces nourritures misérables. Vous pouvez attendre que quelque chose vienne répondre à vos aspirations. Ne prenez pas la peine. N’essayez pas de combler cette faim, de la satisfaire. Elle doit se consumer jusqu’à extinction, tout doit brûler, littéralement, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien.

UG

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s