L’ esprit sans naissance

 

lhommesanstete

 

« Même si une pensée surgit, ne la poursuivez pas, alors l’intention de la poursuivre s’effacera d’elle-même.
Même si une pensée demeure, ne la poursuivez pas, alors la pensée qui demeure s’effacera d’elle-même, c’est cela l’esprit sans demeure et c’est demeurer dans le sans demeure.
Si on connait clairement qu’on demeure, au moment de demeurer seules les choses demeurent et il n’y a ni endroit ou demeurer ni endroit sans demeure.
Si on sait clairement que l’esprit ne demeure nulle part, j’appelle cela « voir clairement l’Esprit foncier » ou « voir clairement l’Essence ».
Cet esprit qui ne demeure nulle part, lui seul est l’esprit du Bouddha.
On le nomme aussi  « l’esprit délivré », « l’esprit d’éveillé », « l’ esprit sans naissance » ou « le vide de la forme et de l’essence ». »

Houei-Hai.

 

« Traité sur l’ Éveil subit. »

 

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4 commentaires sur “L’ esprit sans naissance

  1. Nous ne trouverons pas la Vérité dans les églises, dans les mosquées, dans les synagogues ou dans les temples.
    Nous ne la trouverons ni dans les mots, ni dans les images ni dans les symboles.
    La vérité n’est pas une idée, une notion, une pensée ou un concept.
    C’est le mental qui nous sépare de notre nature.
    Il ne suffit pas de nous contenter d’adhérer à des croyances.
    Nos plus belles croyances ne sont qu’un tas de pensées.
    La seule vérité c’est celle qui nous relie à la vie, à ce que nous sommes.
    Nous sommes vivants. La vie n’est pas un concept, mais nous sommes pollués par les concepts.
    C’est cette pollution qui nous arrache à notre nature.
    Nous sommes pollués par notre éducation, par notre culture, par notre religion, par nos croyances,
    par nos parents, par nos amis, par nos ennemis, par nos voisins, par nos collègues, par les médias,
    par la société, par tout ce que notre mental a absorbé depuis le jour de notre naissance…
    L’état naturel n’a rien à voir avec les connaissances accumulées par ceux qui nous ont précédés.
    Ce n’est pas un état de connaissance..
    Cet état n’a rien à voir avec ce que nous appelons penser.
    Rien à voir avec le passé, rien à voir avec l’avenir.
    L’état naturel est totalement en dehors de la sphère du temps.
    C’est la pensée qui crée le temps .
    Elle crée le temps en créant un intervalle entre ce que nous sommes et ce que nous cherchons à devenir.
    Il faut nous libérer de ce tout ce que nous connaissons.
    Ceux qui prétendent le contraire sont des imposteurs.
    La recherche ne conduit nulle part.
    Nous devons l’abandonner.
    On ne peut trouver la Vérité en la cherchant car chercher c’est vouloir et vouloir c’est penser.
    Il n’existe aucun espoir de comprendre en pensant.

  2. Il nous est impossible d’évoquer la sensation de ne pas exister avant notre naissance comme il nous est impossible de nous projeter dans notre mort à venir.
    Toute notre vie , nous avons le sentiment de notre permanence.
    Notre mental s’applique ainsi à se convaincre qu’il y aura pour lui une vie après la mort.
    Foutaises !
    Qui ira au ciel ?…
    Et ou est donc le ciel ?
    Notre mental n’ira pas au ciel.
    Le ciel est trop vaste.

  3. Si tu veux vraiment voir toi-même ce dont le Bouddha a parlé, tu n’as pas besoin de t’encombrer de livres. Borne-toi à observer ton esprit.
    Essaye de voir et de comprendre comment les sentiments naissent et disparaissent, comment les pensées naissent et disparaissent.
    Ce faisant, ne sois jamais attaché à quoi que ce soit. Il te suffit d’être attentif à tout ce qu’il y a à voir. C’est cela, la voie qui mène aux vérités
    du Bouddha.

    Sois naturel. N’essaye pas de parvenir à quoi que ce soit.

    Le désir d’être libre ou d’être illuminé t’empêchera d’accéder à la liberté. Tu peux faire tous les efforts imaginables, mais si tu es motivé par le
    désir de parvenir à un résultat, tu ne trouveras jamais la paix car l’énergie provenant de ce désir sera la cause de doutes et d’agitation mentale.
    La sagesse ne naît jamais du désir. Borne-toi à laisser aller les choses. Observe attentivement ton esprit et ton corps, mais n’essaye pas
    de parvenir à quoi que ce soit.Ne t’accroche même pas à la pratique de l’illumination.
    Sois attentif à ton esprit et à ton corps dans toutes les positions: que tu sois assis, debout, marchant ou couché, bref connais-toi
    toi-même.

    Tous les phénomènes sont vides de nature propre.

    « Autolibération », au sens du Dzogchen, signifie que tout ce qui se manifeste dans le champ de l’expérience est laissé libre
    de se manifester tel quel, sans être jugé bon ou mauvais, beau ou laid. Et, à ce moment même, s’il n’y a pas d’attachement, sans effort et
    même sans volonté, ce qui s’élève, pensée ou événement apparemment extérieur, se libère automatiquement de lui-même.

    En pratiquant ainsi, les graines de l’arbre empoisonné de la vision dualiste n’ont jamais l’occasion de germer et encore moins de prendre racine.
    Ainsi, le pratiquant vit sa vie d’une façon ordinaire, sans avoir besoin d’autres règles que sa propre conscience, mais il demeure toujours
    dans l’unité primordiale et intègre à son état tout ce qui apparaît et dont il a fait l’expérience, et sans qu’aucune attitude extérieure signale
    qu’il pratique. C’est ce que l’on entend par le nom de Dzogchen qui signifie « Grande Perfection », et c’est ce que l’on entend par contemplation
    non duelle, ou simplement contemplation.

    La tradition du Dzogchen dans son expression la plus pure, rejette toute tentative de favoriser l’éveil par une quelconque pratique – étude,
    rituel, prière et même méditation. Cette école déconstruit systématiquement les discours validant ces méthodes, professant que les
    expériences pouvant être induites de telle manière n’ont aucune valeur spirituelle, et peuvent même être nuisibles. Ces méthodes n’ont
    aucune valeur car l’état ultime est dépourvu de toute structure et ne peut donc constituer une expérience spécifique.

    Il n’existe pas de lien entre le Dzogchen et le bouddhisme. Le Dzogchen existait et existera toujours indépendamment du bouddhisme

    Ne fais jamais rien avec ton esprit. Demeure dans un état naturel et authentique. C’est la clé.

    Sur l’océan translucide, des bulles apparaissent et disparaissent. Il en va de même des pensées Qui ne diffèrent en rien de la réalité ultime.
    Ne te sens donc pas coupable, détends-toi.
    Ce qui monte, ce qui se produit, ne cherche pas à t’en saisir, laisse-le immédiatement repartir. Les apparences, les sons et les objets sont
    ton propre esprit. Il n’existe rien hormis l’esprit.
    L’esprit est au-delà des extrêmes de la naissance et de la mort.

    Il n’est pas nécessaire de rester assis pendant des heures et des heures. Il y a des gens qui pensent que plus on médite en position assise,
    plus on est sage. J’ai vu des poules rester assises sur leurs nids pendant des jours et des jours !

    La sagesse provient d’un effort d’attention constant dans toutes les positions.

    Ce n’est pas en passant ton temps à chercher l’homme parfait ou le maître parfait que tu trouveras la paix.

    À force de s’entraîner à contempler attentivement tous les phénomènes, tu en viens à réaliser fermement qu’ils sont impermanents,
    insatisfaisants et vides de nature propre et finalement, tu atteindras le nirvana. Bouddha a réalisé le nirvana en suivant exactement ce chemin.
    Ainsi, chacun peut se réjouir d’avoir lui aussi la possibilité de suivre cette voie en vue de développer la connaissance juste de la réalité et
    d’expérimenter le nirvana, la fin définitive de toutes les insatisfactions et de tous les ennuis.

    Fais ce que Bouddha enseigne, porte ton attention sur tout ce qui vient ; les sons, les idées, les visions, les odeurs, les goûts et les touchers.
    Mais comme ton esprit va avoir tendance à se disperser et à se perdre complètement, choisis parmi tout ce qui qui apparaît à ta conscience,
    ce qui est le plus facile à observer et qui t »accompagne toujours : LA RESPIRATION.

    Porte simplement ton attention sur le mouvement de ta respiration.

    Bien entendu, aussitôt qu’il y a quelque chose qui apparaît à ton esprit de plus clair, de plus bruyant, porte alors ton attention dessus,
    car il est hors de question de rester focalisé sur le mouvement du souffle.

    Si tu agis naturellement et que tu es attentif, la sagesse viendra tout naturellement elle aussi.

    ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo

  4. Gampopa dit : « L’eau sans agitation est limpide, l’esprit sans contrainte est heureux ».

    Comme l’exprime cette citation, laissons l’esprit sans contrainte, détendu, sans le forcer aucunement, complètement relâché, et il viendra alors naturellement en un état de bien-être.

    En effet, si l’esprit n’est pas contraint, il est naturellement paisible et limpide…

    Dans cet état, l’esprit ne se pose pas sur quelque point de repère extérieur ou intérieur, il reste dégagé de toute fixation, sans être contrôlé. Il n’y a pas non plus d’évaluation de l’esprit comme étant vide, lucide ou de quelque manière que ce soit : ni même d’observation, car regarder l’esprit, fut-ce sa vacuité, sa lucidité ou quelque notion que ce soit, serait encore une vision dualiste qui prendrait l’esprit, la vacuité ou la lucidité (auto-connaissance) pour références.

    Mais il ne s’agit pas non plus de ne pas voir, car il ne faut pas que s’interrompe le cours de l’attention vigilante, de la lucidité. Il est donc nécessaire de garder une vision claire. C’est comme un endroit où la lumière est allumée : voir clairement n’exige aucun effort spécial : la clarté est naturellement présente. L’esprit reste ainsi sans s’engourdir ni sombrer en une sorte d’opacité obscure. L’esprit reste translucide, en un état de transparence lucide et dégagé. Le ciel est naturellement clair et ouvert : de même l’esprit, pour autant qu’il soit laissé « tel quel » en son état naturel…

    Laissant ainsi l’esprit dans un état de présence totale : sans l’orienter vers le passé ou le futur, sans ressasser le passer, ni aller au-devant de l' »à-venir » ; sans penser « j’ai fait ceci ou cela, je ferai ceci ou cela » ; laissant l’esprit juste vigilant, « tout simplement », sans le contraindre, sans rien y changer, en l' »instanéité présente » encore nommée « présence d’instantanéité » – « datar gui chépa » -, nous méditons.

    Si l’esprit reste vraiment ainsi, « tel qu’il vient de lui-même, tel qu’il est en lui-même » c’est ce qu’on appelle « rangbap » – c’est ainsi qu’on nomme « l’esprit ordinaire » – ou encore l’esprit d’immédiateté – « datar gui chépa ».

    Réalisé, c’est l’esprit de mahâmudrâ ».

    Extrait de : Bouddhisme profond : Tradition tibétaine, Broché, Paris, 1993.

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