Pensée et non pensée

Jean-Marc Mantel : Quelle est la racine de l’attachement ?
Peter Fenner :La source de l’attachement réside dans notre croyance que le bonheur durable est obtenu par la présence ou l’absence d’un phénomène particulier.

Nous sommes attachés à certaines expériences et ressentons de l’aversion pour d’autres. Perceptions, sensations et pensées sont constamment en changement.
Il est impossible de prolonger une quelconque expérience ou d’éviter celles que nous préfèrerions ne pas connaitre.
La mort, la maladie, la perte d’êtres chers, les possessions et notre réputation sont des exemples concrets d’expériences qui requièrent
un effort pour être acceptées.

Aussi longtemps que nous expérimenterons une séparation fondamentale entre nous-mêmes, les autres et l’environnement,
nous produirons alors les conditions propices à l’attachement et la souffrance.
L’expérience de la séparation veut dire que, souvent, la réalité “extérieure” ne correspond pas à nos “préférences intérieures”.
Ainsi, à travers notre réalité intérieure, nous continuons à faire l’expérience de séparation entre “le penseur et nos pensées”,
et entre « nos sensations et nous qui en faisons l’expérience ». En conséquence, nous sommes continuellement confrontés
aux pensées et aux sensations que “nous” ne préfèrerions pas expérimenter.
La solution est de voir qu’il n’y a pas de frontière séparant l’intérieur et l’extérieur. “Nous”, qui vivons les expériences, sommes inséparables de
“ce qui est expérimenté”. Il n’y a pas de division ultime entre les deux. Nous sommes l’univers à l’intérieur duquel les pensées du “moi-même”
et du “Je” se manifestent. Nous semblons toujours être au centre de notre existence. Mais si nous regardons avec attention, il n’y a ni centre, ni périphérie.

L’émergence et la dissipation continuelles de la réalité phénoménale se produit dans un espace non-limité et non-localisé.
Il n’y a pas de soi qui soit séparé de l’univers. En réalisant cela, la réalité intérieure de nos pensées et de nos sensations se produit en complète
harmonie avec la soi-disante réalité extérieure perçue par nos sens. L’origine de la souffrance se dissout et l’univers se révèle comme un
espace de béatitude transcendante. Dans le Bouddhisme, cela est appelé “union de la béatitude et de l’ouverture”
(sukha-shunyata). Et dans l’hindouisme, on appelle cela “être-béatitude-conscience” (sat-cit-ananda)
Comme l’a écrit le grand bouddhiste Maha Ati master H.H. Dilgo Khyentsé Rimpoché :
Tout aspect de chaque phénomène est complètement clair et lucide. L’univers entier est ouvert et non-obstrué, toutes
les choses étant mutuellement interdépendantes… La nature des choses apparait naturellement, et est naturellement présente dans
la conscience qui transcende le temps ; c’est la complète ouverture.
Entretien issu du site : http://www.soupir.org

Peter Fenner 

Pour les historiens, les détails des débuts du bouddhisme dans les royaumes himalayens sont mal connus, et la genèse exacte du dzogchen reste un mystère.

La tradition nyingma considère que Padmasambhava et surtout Vimalamitra en sont les principaux propagateurs ; le traducteur Vairotsana, l’un des sept
premiers moines ordonnés par Shantarakshita, fut également à l’origine de deux lignées désormais éteintes. Selon la tradition bönpo,Tonpa Shenrab Miwoche
apporta cet enseignement au Tibet. Pour ces deux courants, la transmission du dzogchen remonte aux origines. Pour les historiens, les détails des débuts du
bouddhisme dans les royaumes himalayens sont mal connus, et la genèse exacte du dzogchen reste un mystère.

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